Vous venez de recevoir une injection de cortisone dans l’articulation, avec l’espoir de voir enfin vos souffrances diminuer. Pourtant, à votre grande surprise, vous constatez que la douleur après infiltration s’est intensifiée au lieu de s’atténuer. Cette situation déroute de nombreux patients qui s’attendaient à un soulagement immédiat. Rassurez-vous : cette réaction concerne environ 30 à 40 % des personnes traitées et fait partie du processus de guérison dans la plupart des cas. Comprendre pourquoi cette aggravation temporaire survient, savoir distinguer une réaction normale d’un signe d’alerte et connaître les gestes qui soulagent vraiment, voilà ce qui vous aidera à traverser cette période délicate avec plus de sérénité.
Table of Contents
Le rebond douloureux : une réaction fréquente et généralement bénigne
L’intensification de la gêne dans les heures qui suivent l’injection porte un nom médical précis : le « rebond douloureux » ou « flare reaction ». Ce phénomène touche près d’un tiers des patients et se manifeste par une sensation de brûlure, de pression accrue ou d’élancement au niveau de la zone traitée. Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, cette réaction indique souvent que le produit commence à agir sur les tissus enflammés.
Les cristaux de cortisone injectés dans l’articulation déclenchent une réponse inflammatoire transitoire. Le corps perçoit ces particules comme des éléments étrangers et active temporairement ses mécanismes de défense. Pendant que les cristaux se dissolvent progressivement dans le liquide synovial, une inflammation locale peut se produire. Cette phase dure généralement entre quelques heures et deux jours, le pic de l’inconfort survenant souvent la première nuit suivant le geste.
Le traumatisme mécanique causé par l’aiguille contribue également à cette sensation désagréable. Même si le praticien effectue l’acte avec précision, la pénétration de l’aiguille dans les tissus et l’injection du liquide créent une pression locale. Pensez à la sensation ressentie après un vaccin, mais en plus prononcée, car le volume injecté est plus important et la zone concernée déjà sensibilisée par la pathologie initiale.
Reconnaître une réaction normale : ce qui doit vous rassurer
Savoir distinguer une évolution habituelle d’une complication potentielle permet d’éviter l’angoisse inutile tout en restant vigilant. La majorité des patients ressent une gêne accrue pendant les 24 à 48 premières heures, puis observe une amélioration progressive. Cette timeline constitue la norme pour la plupart des injections articulaires.
Voici un tableau récapitulatif des caractéristiques d’une réaction attendue selon la zone traitée :
| Zone infiltrée | Durée du rebond douloureux | Pic d’inconfort | Amélioration notable |
|---|---|---|---|
| Genou | 24-48 heures | Première nuit | 3-7 jours |
| Lombaire | 48-72 heures | 24 heures post-injection | 5-10 jours |
| Épaule | 24-48 heures | Première nuit | 3-7 jours |
| Cervicale | 24-48 heures | 12-24 heures | 3-7 jours |
| Pied/cheville | 24-48 heures | Première nuit | 3-7 jours |
Les sensations habituelles comprennent une raideur matinale accentuée, un léger gonflement autour du point d’injection, une sensation de chaleur locale modérée et parfois un petit hématome bleuté. Ces manifestations s’estompent naturellement sans intervention particulière. La mobilité peut être temporairement réduite, mais reste possible dans les gestes quotidiens simples.
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Les variations individuelles à prendre en compte
Chaque organisme réagit différemment au traitement par corticoïdes. Certaines personnes ne ressentent qu’un léger inconfort, tandis que d’autres décrivent une intensité plus marquée. L’âge du patient, l’importance de l’inflammation initiale, la zone anatomique concernée et même le type de cortisone utilisé influencent la réponse individuelle.
Les patients souffrant déjà de pathologies inflammatoires chroniques peuvent expérimenter des réactions plus prononcées. De même, une première injection dans une articulation très enflammée provoque souvent un rebond plus net qu’une injection de rappel effectuée sur une zone déjà traitée auparavant. Ces variations n’indiquent pas nécessairement un problème, mais reflètent simplement la complexité des mécanismes biologiques en jeu.
Les signaux d’alerte qui nécessitent une consultation rapide
Si la majorité des réactions post-infiltration reste bénigne, certains symptômes doivent vous conduire à contacter votre médecin sans attendre. Une fièvre supérieure à 38°C apparaissant dans les jours suivant l’injection constitue le premier signal d’alarme. Elle peut indiquer une infection du site traité, complication rare mais qui nécessite une prise en charge antibiotique rapide.
Une rougeur qui s’étend progressivement autour du point d’injection, accompagnée d’une chaleur intense et d’un gonflement massif, doit également vous alerter. Ces signes évoquent une réaction inflammatoire anormale ou, dans de rares cas, un début d’infection articulaire. Le risque infectieux reste extrêmement faible (environ 1 cas sur 50 000 à 70 000 injections), mais la vigilance s’impose néanmoins.
Quand la gêne persiste au-delà du délai habituel
Une douleur qui ne diminue pas après 48 heures, voire qui continue de s’aggraver, mérite une réévaluation médicale. Si l’injection a été pratiquée correctement et que le rebond douloureux est passé, vous devriez observer une tendance à l’amélioration progressive. Une stagnation ou une détérioration après ce délai peut signifier que le traitement n’est pas adapté à votre situation ou qu’une complication est survenue.
L’apparition d’un écoulement purulent au niveau du point d’injection constitue un signe d’infection évident qui requiert une consultation en urgence. De même, si vous constatez une perte complète de mobilité de l’articulation traitée, alors que vous pouviez encore bouger avant l’injection, n’attendez pas pour consulter.
Solutions immédiates pour apaiser l’inconfort post-injection
Plusieurs gestes simples et efficaces permettent de traverser plus confortablement la période de rebond douloureux. L’application de froid constitue la mesure de premier secours la plus recommandée. Enveloppez une poche de glace dans un linge fin et maintenez-la sur la zone traitée pendant 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour. Le froid agit comme un anti-inflammatoire naturel en réduisant l’afflux sanguin local et en apaisant les terminaisons nerveuses.
Le repos relatif, sans immobilisation totale, favorise la diffusion optimale du produit injecté. Évitez les efforts intenses et les mouvements brusques pendant les 48 premières heures, mais maintenez une activité légère. Pour une douleur au pied par exemple, vous pouvez marcher modérément en portant des chaussures confortables, sans forcer ni rester totalement immobile.
Les médicaments qui peuvent vous soulager
Le paracétamol représente l’antalgique de choix dans les suites d’une infiltration. Vous pouvez prendre jusqu’à 1 gramme toutes les six heures, sans dépasser 3 grammes par jour pour un adulte de poids normal. Ce médicament ne perturbe pas l’action de la cortisone et présente peu d’effets secondaires lorsqu’il est utilisé correctement.
En revanche, évitez les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène) pendant les 48 premières heures, sauf avis contraire de votre médecin. Ces molécules peuvent interférer avec l’effet anti-inflammatoire de la cortisone et retarder la dissolution des cristaux. Certains praticiens les autorisent après le pic douloureux initial, mais demandez toujours confirmation avant d’en prendre.
Les positions qui soulagent selon la zone infiltrée
Pour une injection au genou, surélever la jambe en position allongée réduit la pression intra-articulaire et diminue le gonflement. Placez deux coussins sous le mollet et la cuisse pour maintenir une légère flexion confortable. Après une infiltration lombaire, alterner les positions couchée sur le côté avec un coussin entre les genoux aide à soulager la tension sur la colonne vertébrale.
Si l’épaule a été traitée, évitez de dormir du côté infiltré pendant les premières nuits. Utilisez plutôt un coussin pour caler le bras dans une position neutre qui ne comprime pas l’articulation. Ces ajustements posturaux, bien que simples, contribuent significativement au confort pendant la phase de récupération.
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Témoignages de patients : des expériences variées mais souvent positives
Sur les forums de santé, de nombreuses personnes partagent leurs vécus après injection de corticoïdes. Marie, 58 ans, raconte : « Après mon infiltration au genou pour arthrose, j’ai eu très mal la première nuit, au point de me demander si je n’avais pas fait une erreur. Mais dès le troisième jour, j’ai senti une vraie amélioration. Au bout d’une semaine, je marchais beaucoup mieux qu’avant l’injection. »
D’autres témoignages évoquent des réactions plus marquées, notamment pour les infiltrations lombaires. Thomas, 45 ans, explique : « Trois jours après mon injection pour hernie discale, la gêne irradiait encore dans ma jambe. Mon médecin m’a rassuré en m’expliquant que c’était normal. Effectivement, vers le dixième jour, j’ai commencé à vraiment sentir les bénéfices. Aujourd’hui, deux mois plus tard, je peux reprendre mes activités normalement. »
Quand les résultats tardent à venir
Certains patients constatent une amélioration plus lente ou moins spectaculaire qu’espéré. Sophie, 62 ans, témoigne : « Mon infiltration à l’épaule n’a pas eu l’effet miraculeux que j’attendais. La gêne a diminué de moitié environ, mais n’a pas totalement disparu. Mon rhumatologue a proposé une deuxième injection un mois plus tard, qui a donné de meilleurs résultats. »
Ces retours d’expérience illustrent la grande variabilité des réponses au traitement. Certains bénéficient d’un soulagement rapide et durable, tandis que d’autres nécessitent plusieurs injections ou doivent envisager d’autres approches thérapeutiques. Cette diversité de résultats s’explique par la complexité des pathologies traitées et les différences individuelles de réaction aux corticoïdes. Comme pour la carence en magnésium, les symptômes et leur évolution varient considérablement d’une personne à l’autre.
Infiltration au genou : spécificités et délais d’amélioration
Le genou représente l’une des articulations les plus fréquemment infiltrées, notamment en cas d’arthrose (gonarthrose) ou de tendinite. La zone superficielle et accessible facilite le geste technique, mais l’articulation supporte également le poids du corps, ce qui peut influencer la récupération. Après une injection de cortisone au genou, la plupart des patients observent un pic douloureux pendant les 24 à 48 premières heures.
La marche reste généralement possible dès le jour même, mais doit rester modérée. Évitez les escaliers répétés, la station debout prolongée et les activités qui sollicitent intensément l’articulation. Un gonflement léger du genou peut persister pendant deux à trois jours, signe que le produit diffuse dans l’articulation. L’application régulière de froid et le maintien de la jambe en position surélevée lors des périodes de repos accélèrent la résorption de cet œdème.
Reprise des activités après une injection au niveau du genou
La question de la reprise du sport préoccupe souvent les patients actifs. Attendez au minimum 48 à 72 heures avant de reprendre une activité physique légère comme le vélo d’appartement ou la natation. Pour les sports à impact (course, tennis, football), patientez au moins une à deux semaines et reprenez progressivement, en écoutant les signaux de votre corps.
Certains médecins recommandent même d’attendre l’amélioration clinique complète, soit environ trois semaines, avant de solliciter intensément l’articulation traitée. Cette prudence permet au cartilage et aux structures articulaires de bénéficier pleinement de l’effet anti-inflammatoire sans risquer de perturber le processus de guérison par une contrainte mécanique prématurée.
Infiltration lombaire et cervicale : particularités du rachis
Les injections au niveau de la colonne vertébrale présentent des caractéristiques spécifiques. Qu’il s’agisse d’une infiltration épidurale pour soulager une sciatique, une cruralgie ou une névralgie cervico-brachiale, le rebond douloureux peut s’accompagner d’une irradiation dans le membre concerné. Cette diffusion de l’inconfort vers la jambe ou le bras ne signifie pas que l’injection a échoué, mais reflète simplement la proximité des racines nerveuses.
Le délai avant amélioration s’avère souvent plus long pour les infiltrations rachidiennes que pour les injections articulaires périphériques. Comptez généralement entre 5 et 10 jours pour ressentir un bénéfice significatif, et parfois jusqu’à deux semaines pour l’effet maximal. Cette latence s’explique par la complexité de la zone traitée et la nécessité pour le produit de diffuser autour des structures nerveuses enflammées, comme on peut l’observer avec d’autres manifestations douloureuses telles qu’un pouce qui bouge seul, qui peut aussi nécessiter un temps d’observation.
Précautions particulières après une injection rachidienne
Le repos strict n’est plus systématiquement recommandé après une infiltration lombaire ou cervicale, mais un repos relatif de 48 heures reste conseillé. Évitez de porter des charges lourdes, de vous pencher en avant de manière répétée et de rester assis prolongément dans une position figée. Les longs trajets en voiture peuvent également accentuer l’inconfort pendant les premiers jours.
Certains patients rapportent des céphalées (maux de tête) dans les suites d’une infiltration épidurale, surtout si une micro-brèche de la dure-mère s’est produite. Ces maux de tête posturaux, qui s’aggravent en position debout et s’améliorent en position couchée, nécessitent parfois un traitement spécifique. Si vous présentez ce symptôme de manière intense et persistante, contactez le médecin qui a réalisé l’injection.
Infiltration à l’épaule : gérer la période de récupération
L’épaule, articulation complexe et très mobile, réagit généralement bien aux injections de corticoïdes lorsque celles-ci ciblent précisément la zone inflammatoire. Les tendinites de la coiffe des rotateurs, les bursites sous-acromiales et les capsulites rétractiles constituent les principales indications. Le rebond douloureux survient fréquemment la première nuit, avec une sensation de brûlure profonde qui peut perturber le sommeil.
Pour minimiser l’inconfort nocturne, dormez en position semi-assise avec des coussins qui soutiennent le bras infiltré, ou allongez-vous sur le côté opposé. Évitez les mouvements d’élévation du bras au-dessus de la tête et les gestes de force pendant les 48 premières heures. Les activités de la vie quotidienne restent possibles, mais adaptez-les pour ne pas solliciter excessivement l’articulation.
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L’association avec la kinésithérapie
De nombreux médecins prescrivent des séances de rééducation en complément de l’infiltration. Selon les protocoles, la kinésithérapie peut débuter quelques jours après l’injection, une fois le rebond douloureux passé. Cette approche combinée améliore significativement les résultats à moyen et long terme, en renforçant les muscles stabilisateurs de l’épaule et en restaurant progressivement la mobilité articulaire.
Les études montrent que les patients qui suivent un programme de rééducation adapté après une injection conservent les bénéfices du traitement jusqu’à deux fois plus longtemps que ceux qui se contentent de l’infiltration seule. La physiothérapie complète l’action anti-inflammatoire de la cortisone en corrigeant les déséquilibres musculaires et les mauvaises postures qui ont souvent contribué à l’apparition de la pathologie initiale, un peu comme la chirurgie esthétique peut compléter d’autres approches dans son domaine.
Que faire si l’injection ne soulage pas ou aggrave durablement la situation ?
Malgré une technique correcte et une indication bien posée, certaines infiltrations ne produisent pas l’effet escompté. Si après deux semaines vous ne constatez aucune amélioration, ou si votre état s’est même détérioré, une réévaluation médicale s’impose. Plusieurs explications peuvent justifier cet échec thérapeutique.
Parfois, le diagnostic initial était imprécis et la source réelle de la gêne ne se situe pas exactement là où l’injection a été pratiquée. Par exemple, une souffrance d’origine cervicale peut mimer une tendinite d’épaule, et une infiltration de l’épaule restera alors inefficace. Dans d’autres cas, la pathologie a simplement trop évolué pour répondre au traitement conservateur par corticoïdes.
Les alternatives thérapeutiques à envisager
Si la première injection n’a pas fonctionné, votre médecin peut proposer une deuxième tentative après un délai minimum d’un mois. Les recommandations limitent généralement à trois le nombre d’injections annuelles sur une même articulation, pour éviter les effets délétères des corticoïdes sur le cartilage et les tendons. Au-delà, d’autres options doivent être explorées.
La kinésithérapie représente souvent la solution de première intention. Des séances régulières, associant mobilisations douces, renforcement musculaire progressif et techniques de physiothérapie (ultrasons, ondes de choc, électrothérapie), permettent fréquemment d’obtenir une amélioration significative même lorsque l’infiltration a échoué.
L’ostéopathie constitue une approche complémentaire intéressante pour certaines pathologies musculo-squelettiques. En travaillant sur les compensations posturales et les restrictions de mobilité à distance de la zone douloureuse, l’ostéopathe peut contribuer à soulager durablement les symptômes. Cette discipline manuelle vise à rééquilibrer les contraintes mécaniques qui s’exercent sur le corps, réduisant ainsi la charge sur l’articulation souffrante.
Les traitements plus avancés
L’acide hyaluronique, produit de viscosupplémentation, offre une alternative aux corticoïdes pour certaines pathologies articulaires, notamment l’arthrose. Cette substance visqueuse lubrifie l’articulation et possède également des propriétés anti-inflammatoires. Les injections d’acide hyaluronique provoquent moins fréquemment un rebond douloureux que la cortisone, et leurs effets se prolongent souvent plusieurs mois.
Le Plasma Riche en Plaquettes (PRP), préparé à partir du sang du patient, représente une option thérapeutique récente pour stimuler la régénération tissulaire. Bien que les preuves scientifiques de son efficacité restent encore débattues pour certaines indications, de nombreux patients rapportent des résultats encourageants, particulièrement pour les tendinopathies chroniques. Selon l’Assurance Maladie, ces traitements alternatifs peuvent être envisagés lorsque les infiltrations de corticoïdes ne donnent pas satisfaction.
Enfin, lorsque toutes les approches conservatrices ont échoué et que la gêne reste handicapante au quotidien, une solution chirurgicale peut être discutée. Cette option de dernier recours s’envisage après un bilan complet et une évaluation minutieuse du rapport bénéfice-risque par le chirurgien orthopédiste.
Prévenir les complications : les bonnes pratiques à adopter
Certaines précautions avant et après l’injection réduisent significativement le risque de complications et optimisent les chances de succès du traitement. Avant l’acte, informez systématiquement le praticien de vos antécédents médicaux, notamment si vous souffrez de diabète, d’immunodépression ou si vous prenez des anticoagulants. Ces informations permettent d’adapter le protocole et de prendre les mesures préventives nécessaires.
Signalez également toute allergie connue aux anesthésiques locaux, à l’iode (produit de contraste parfois utilisé) ou aux pansements. Une infection cutanée active, même à distance du site d’injection, constitue une contre-indication temporaire à l’infiltration. Si vous présentez un bouton, un furoncle ou toute autre lésion infectée, reportez l’acte jusqu’à guérison complète pour minimiser le risque de dissémination bactérienne.
L’importance du respect des consignes post-injection
Ne sous-estimez pas l’importance du repos relatif pendant les 48 premières heures. Beaucoup de patients sabotent l’efficacité de leur traitement en reprenant immédiatement leurs activités habituelles de manière intensive. Cette erreur fréquente empêche le produit de diffuser correctement dans les tissus et augmente le risque d’échec thérapeutique.
Si votre médecin vous a prescrit un arrêt de travail de courte durée, respectez-le scrupuleusement. Cette période de repos ne vise pas seulement à vous éviter l’inconfort lié au rebond douloureux, mais permet surtout d’optimiser l’action anti-inflammatoire de la cortisone en limitant les contraintes mécaniques sur l’articulation traitée, tout comme on pourrait prendre soin d’une zone sensible après une intervention, similaire aux précautions après la pose de bijoux selon l’âge.
Comprendre les différences entre cortisone et autres produits injectables
Toutes les infiltrations ne se valent pas et ne provoquent pas les mêmes réactions. La cortisone, anti-inflammatoire puissant dérivé du cortisol naturellement produit par les glandes surrénales, reste le produit le plus couramment utilisé. Sa forme cristallisée (suspension microcristalline) explique en grande partie le phénomène de rebond douloureux, puisque ces cristaux doivent se dissoudre progressivement pour libérer le principe actif.
L’acide hyaluronique, utilisé principalement pour l’arthrose, présente une consistance visqueuse et ne contient pas de cristaux. Les réactions douloureuses après injection de ce produit s’avèrent généralement moins fréquentes et moins intenses. Toutefois, certains patients rapportent une sensation de pesanteur ou de remplissage articulaire pendant quelques jours, le temps que le produit se répartisse uniformément dans l’articulation.
Le cas particulier des injections de PRP
Le Plasma Riche en Plaquettes nécessite un prélèvement sanguin préalable et une centrifugation pour concentrer les facteurs de croissance. Cette technique provoque généralement un rebond douloureux plus modéré que les corticoïdes, mais l’amélioration clinique se fait également plus progressive. Les patients doivent souvent attendre plusieurs semaines avant de ressentir pleinement les bénéfices du traitement.
Contrairement aux injections de cortisone qui agissent rapidement sur l’inflammation, le PRP stimule la régénération tissulaire, processus qui prend nécessairement plus de temps. Cette différence de mécanisme d’action explique pourquoi les délais et les modalités de récupération varient considérablement selon le type de produit injecté.
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L’essentiel à retenir pour bien vivre cette période de transition
Traverser la phase de rebond douloureux après une infiltration demande de la patience et une bonne compréhension du processus en cours. Gardez en tête que cette aggravation temporaire concerne près d’un tiers des patients et ne remet généralement pas en cause l’efficacité future du traitement. Les cristaux de cortisone qui provoquent cette réaction inflammatoire transitoire sont justement ceux qui vont ensuite exercer leur puissant effet anti-inflammatoire.
Les trois piliers pour optimiser votre récupération consistent à appliquer régulièrement du froid sur la zone traitée, maintenir un repos relatif sans immobilisation complète et prendre du paracétamol en cas de besoin pour gérer l’inconfort. Surveillez l’apparition de signes d’alerte comme une fièvre, une rougeur qui s’étend ou une douleur qui s’aggrave au-delà de 48 heures, mais restez confiant dans le fait que ces complications restent exceptionnelles.
Si après deux semaines vous ne constatez aucune amélioration, consultez à nouveau votre médecin pour réévaluer la situation. De nombreuses alternatives thérapeutiques existent et peuvent être proposées en cas d’échec de la première infiltration. L’essentiel reste de maintenir un dialogue ouvert avec votre équipe soignante et de ne pas hésiter à exprimer vos inquiétudes ou vos difficultés pendant cette période de transition vers le soulagement attendu.
FAQ
Est-ce normal d’avoir très mal après une infiltration ?
Oui, environ 30 à 40 % des patients ressentent une intensification de la gêne dans les 24 à 48 heures suivant l’injection. Cette réaction, appelée « rebond douloureux » ou « flare reaction », résulte de la réponse inflammatoire de l’organisme aux cristaux de cortisone. Ce phénomène est généralement bénin et disparaît spontanément en quelques jours. Toutefois, si la souffrance s’accompagne de fièvre, de rougeur extensive ou persiste au-delà de 48 heures sans amélioration, une consultation médicale s’impose pour écarter une complication.
Combien de temps dure la douleur après une infiltration ?
La durée varie selon la zone traitée et la sensibilité individuelle. Pour la plupart des articulations périphériques (genou, épaule, cheville), le rebond douloureux dure entre 24 et 48 heures, avec un pic souvent atteint la première nuit. Pour les infiltrations lombaires ou cervicales, cette période peut s’étendre jusqu’à 48 à 72 heures. L’amélioration clinique significative apparaît généralement entre le troisième et le septième jour, parfois jusqu’à deux semaines pour certaines zones comme le rachis. Si la gêne ne diminue pas après ce délai, une réévaluation médicale devient nécessaire.
Que faire pour soulager la douleur après une infiltration ?
Plusieurs mesures efficaces permettent d’atténuer l’inconfort post-injection. Appliquez de la glace enveloppée dans un linge sur la zone traitée pendant 15 à 20 minutes, trois à quatre fois par jour. Prenez du paracétamol selon les doses recommandées (maximum 3 grammes par jour pour un adulte). Maintenez un repos relatif en évitant les efforts intenses pendant 48 heures, sans pour autant rester complètement immobile. Surélevez le membre concerné si possible pour réduire le gonflement. Évitez les anti-inflammatoires non stéroïdiens pendant les deux premiers jours, sauf avis contraire de votre médecin, car ils peuvent interférer avec l’action de la cortisone.
Quand faut-il s’inquiéter après une infiltration ?
Certains symptômes nécessitent une consultation médicale rapide. Contactez votre médecin si vous développez une fièvre supérieure à 38°C, si une rougeur s’étend progressivement autour du site d’injection, si vous observez un écoulement purulent, si un gonflement massif apparaît ou si la gêne continue de s’intensifier après 48 heures. Ces signes peuvent indiquer une infection (rare : 1 cas sur 50 000 à 70 000) ou une réaction anormale qui requiert une prise en charge spécifique. En cas de doute, mieux vaut consulter que de laisser une complication potentielle s’aggraver.
Peut-on marcher après une infiltration au genou ?
Oui, la marche reste généralement possible dès le jour même de l’injection, mais elle doit rester modérée pendant les 48 premières heures. Privilégiez des distances courtes et évitez les escaliers répétés, la station debout prolongée ou le port de charges lourdes. Une marche légère et régulière favorise même la diffusion du produit dans l’articulation. Portez des chaussures confortables et stables. Pour les activités plus intenses comme la course ou le sport, attendez au minimum 48 à 72 heures et reprenez progressivement selon vos sensations et les conseils de votre médecin.
L’infiltration peut-elle ne pas fonctionner ?
Oui, toutes les infiltrations ne donnent pas de résultats satisfaisants. L’efficacité dépend de nombreux facteurs : précision du diagnostic initial, localisation exacte de l’inflammation, stade d’évolution de la pathologie, type de produit utilisé et réaction individuelle. Environ 20 à 30 % des patients ne ressentent qu’une amélioration partielle ou temporaire, et certains n’observent aucun bénéfice. Si après deux semaines vous ne constatez pas d’amélioration, discutez avec votre médecin des alternatives possibles : deuxième injection après un mois, kinésithérapie, ostéopathie, acide hyaluronique, PRP ou dans certains cas, solution chirurgicale.
Peut-on prendre des anti-inflammatoires après une infiltration ?
Il est généralement déconseillé de prendre des anti-inflammatoires non stéroïdiens (comme l’ibuprofène ou le kétoprofène) dans les 48 premières heures suivant l’injection, sauf indication contraire de votre médecin. Ces médicaments peuvent interférer avec l’action anti-inflammatoire de la cortisone et ralentir la dissolution des cristaux, retardant ainsi l’effet thérapeutique. Le paracétamol constitue l’antalgique de choix pendant cette période initiale. Après le rebond douloureux, certains praticiens autorisent la prise d’anti-inflammatoires si nécessaire, mais demandez toujours confirmation à votre médecin avant d’en consommer.
Pourquoi ai-je plus mal le soir de l’infiltration ?
Le pic de souffrance survient souvent la première nuit pour plusieurs raisons. Les cristaux de cortisone diffusent dans l’articulation et déclenchent une réaction inflammatoire transitoire maximale quelques heures après l’injection. La position allongée modifie la pression intra-articulaire et la circulation sanguine locale, ce qui peut accentuer la sensation d’inconfort. L’absence de distraction pendant le sommeil rend également la perception de la gêne plus intense. Pour mieux gérer cette première nuit, prenez un antalgique avant le coucher, appliquez du froid en soirée et adaptez votre position de sommeil pour ne pas comprimer la zone traitée. Cette intensification nocturne est normale et diminue généralement dès le lendemain.



